D'abord le temps, c'est quoi ? Le temps c'est rien. Le temps se perd. Le temps se gagne. Le temps
se gâte. Le temps se prend. Le temps, c'est tout ou rien, tant qu'il est tant. Pourtant le temps
n'existe pas, en soi. Le temps file, le temps défile. Le temps court, le temps long, le temps attend,
le temps surprend. Attend t-on le temps? A t-on le temps d'attendre le temps? Nous attendra t-il
si nous prenons le temps de l'attendre? Un jour le temps s'éprend d'un banc blanc comme le
vent transparent du soleil levant, rien d'important. Passons. Le temps prend des gants pour
passer inaperçu. Il ne veut pas être filé par des gens qui veulent rattraper le temps perdu. Il se
cache. Il a raison. Il cache le temps lui-même. L'amour s'envole avec le temps, et le temps vole
l'amour sans raison. La raison se fout du temps qu'il fait. Le temps c'est de l'argent, les minutes
comptent autant que les secondes. Jours après jours, le temps nous dépasse sans nous laisser le
temps de le rattraper. Les starting blocks sont prêts, le coup de pistolet est tiré, c'est parti, à
l'infini. Vite, cours, appelle-le, attrape-le, arrête-le, ne manque pas le train qui part en direction
d'un pays où le temps n'existe plus. Rêve, ce soir tu seras au pays des merveilles. Plus de temps,
bon vent, évade toi pendant qu'il en est encore temps. Le temps d'une nuit et plus un décompte
ne perturbe la mélancolie qui envahit le court de cette sombre et envoutante folie. Envole toi
papillon fou, rend étincelant le chant du reveil avec tes ailes éclatantes. Le soleil tend à se lever
à l'est et se coucher à l'ouest, le temps d'un café. Une minute top chrono, le temps se compresse
et nous pressons le pas. Stop, carton rouge, contravention, le temps imparti est dépassé, avec en
prime un feu rouge grillé. Prenons le temps de discuter. Tout ça est tant incontrôlable, le temps
vit sans suivre les règles du jeu. Sablier, écoulé. Asseyons-nous, sur ce magnifique caillou.
Madame, le permettez-vous? Bien. Merci. Maintenant à vous. Constatons que le temps nous
échappe. Rien n'y personne n'attend le temps, lui même joue le rebelle et file comme un étalon.
Blanc? Blanc. Jettons lui un pot de peinture. L'étalon devient noir, mystérieux et indomptable, il
s'échappe dans la nature. Visible à présent, on aurait-pu l'arrêter, le dépasser, cheveux au vent,
sabots branlants, triple galop singlant, mais nous sommes pris par le temps. Terminé, laissons-le
s'échapper. Quelque soit la couleur, il faut un ticket de train en ordre pour être à l'heure. Et
toujours un caillou aidant la réflexion. Un caillou portant l'accent du nord, perturbant, mais qui
attendra le temps qu'il faut pour briser le silence profond de l'incertitude.